Ukraine Pour Poutine, l'idée de trêve doit encore être discutée

ATS

14.3.2025 - 12:46

L'armée russe poursuit sa contre-offensive pour regagner les centaines de kilomètres carrés de la région de Koursk qui sont sous contrôle ukrainien depuis l'été. Une percée a permis aux Russes de reprendre en quelques jours l'essentiel du territoire perdu, en particulier la ville de Soudja.
L'armée russe poursuit sa contre-offensive pour regagner les centaines de kilomètres carrés de la région de Koursk qui sont sous contrôle ukrainien depuis l'été. Une percée a permis aux Russes de reprendre en quelques jours l'essentiel du territoire perdu, en particulier la ville de Soudja.
ATS

Le Kremlin a annoncé vendredi que Vladimir Poutine avait transmis un message à Donald Trump au sujet de sa proposition de cessez-le-feu en Ukraine, une idée qui à Moscou fait l'objet à la fois de réserves et d'un «optimisme» prudent.

Keystone-SDA

Les Etats-Unis réclament une trêve au plus vite et ont exercé une pression considérable sur le président Volodymyr Zelensky, qui a finalement accepté mardi une cessation des hostilités de 30 jours dans la mesure où la Russie s'y plierait aussi.

Donald Trump, qui a adopté nombre de positions du Kremlin au grand dam de Kiev et de l'Europe, veut que Moscou fasse taire les armes au plus vite, mais le président russe semble faire durer les choses. D'autant que ses forces ont l'avantage sur le terrain, après avoir repris ces derniers jours des territoires contrôlés par l'Ukraine depuis l'été dans la région russe de Koursk.

M. Poutine a reçu dans ce contexte jeudi soir l'émissaire américain Steve Witkoff, qui a été chargé de remettre un message à M. Trump.

Le président russe a «transmis via Witkoff des informations et des indications supplémentaires à l'attention du président Trump», a dit vendredi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, se déclarant «prudemment optimiste», lors de son briefing quotidien auquel participe l'AFP.

«Quand M. Witkoff apportera toutes les informations au président Trump, nous déterminerons le timing pour une conversation» entre les deux présidents, a-t-il dit.

Revendications maximalistes

Jusqu'ici la Russie a émis des revendications maximalistes pour une cessation des hostilités: reddition ukrainienne, cession par l'Ukraine de cinq régions annexées par la Russie, abandon des ambitions de Kiev de rejoindre l'Otan, démantèlement du pouvoir ukrainien en place.

Les autorités russes, M. Poutine en tête, ont toujours affirmé qu'une trêve temporaire ne résoudrait pas les «causes profondes» du conflit, et que donc Moscou n'y serait pas favorable.

«Nous sommes d'accord avec les propositions visant à mettre fin aux hostilités mais nous partons du principe que cette trêve doit conduire à une paix durable et s'attaquer aux causes profondes de cette crise», a encore martelé M. Poutine jeudi, invoquant des réserves et des «questions importantes» à régler.

Mais il a pris soin de ne pas rejeter complètement l'initiative de Donald Trump.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a, quant à lui, dénoncé dans la foulée les «propos manipulateurs» de son homologue russe, l'accusant de «faire traîner les choses».

Berlin a dénoncé vendredi une «manoeuvre dilatoire» de Poutine.

«Nous voyons que c'est la Russie qui veut continuer son agression, continuer la guerre. L'Ukraine a clairement dit 'oui' au cessez-le-feu», a jugé devant la presse vendredi, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriï Sybiga, recevant son homologue autrichienne, Beate Meinl-Reisinger, à Kiev.

Donald Trump, tout en qualifiant de «très prometteurs» les propos de son homologue russe, a averti que «ce serait un moment très décevant» si Vladimir Poutine rejetait son plan.

«J'aimerais le rencontrer ou parler avec lui», a-t-il ajouté, «mais il faut régler rapidement la question» de la trêve, a poursuivi M. Trump.

Frappes de drones

Sur le terrain, les forces armées russes poursuivaient leur contre-offensive pour regagner les centaines de kilomètres carrés de la région de Koursk qui sont sous contrôle ukrainien depuis l'été.

Une percée a permis aux Russes de reprendre en quelques jours l'essentiel du territoire perdu, en particulier la ville de Soudja, qui selon Moscou a été «libérée» jeudi.

Vendredi, l'armée russe a revendiqué la reconquête de Gontcharovka, une localité voisine.

D'ailleurs, M. Poutine a semblé vouloir conditionner jeudi toute idée de trêve à la reprise de la totalité de cette région.

En l'absence de cessation des hostilités, la Russie a donc continué de bombarder l'Ukraine dans la nuit de jeudi à vendredi, comme elle le fait presque chaque nuit depuis trois ans et le début de son assaut.

Les forces ukrainiennes, qui répliquent aux attaques russes avec leurs propres frappes de drones, ont dit vendredi avoir touché dans la nuit un entrepôt de missiles dans la région frontalière de Belgorod, et deux stations de compression de gaz situés à des centaines de kilomètres du front.

Une autre frappe a provoqué un incendie dans un dépôt de pétrole dans la région russe de Krasnodar (sud-ouest), selon son gouverneur, Véniamine Kondratiev.