MigrationBâton ou carotte ? L’UE face au ton menaçant de Trump
Barman Nicolas
31.1.2025
Trump, Trump, Trump. Le nom du tempétueux président américain résonne jusque dans les couloirs de la citadelle de Varsovie, où les 27 ministres de l'Intérieur de l'UE ont débattu jeudi de l'avenir de la politique migratoire européenne.
«Trump profère beaucoup de menaces: pour lui, c'est plutôt la stratégie du bâton que de la carotte», note Anders Hall, secrétaire d'Etat suédois chargé des Affaires migratoires, à l'issue de cet échange.
AFP
31.01.2025, 08:29
31.01.2025, 08:33
Barman Nicolas
La prestation du dirigeant conservateur, qui a tordu le bras à son homologue colombien ce week-end en le contraignant à accepter le rapatriement d'immigrés expulsés des Etats-Unis, a bluffé les responsables européens.
«Nous ne sommes pas aussi brutaux, mais cela montre que parfois un peu de pression fonctionne», lâche un participant à la réunion, organisée dans un imposant musée militaire de la capitale polonaise.
«C'est plutôt la stratégie du bâton que de la carotte»
Le cas de Donald Trump, qui a menacé le président colombien Gustavo Petro de droits de douane de 25% et de révocation de visas durant leur bras de fer sur l'immigration, a été directement évoqué lors de cette réunion ministérielle.
Et a alimenté la discussion des 27 sur la stratégie à adopter face aux pays réticents à accepter leurs ressortissants expulsés d'Europe.
«Trump profère beaucoup de menaces: pour lui, c'est plutôt la stratégie du bâton que de la carotte», note Anders Hall, secrétaire d'Etat suédois chargé des Affaires migratoires, à l'issue de cet échange.
«Je pense que l'Europe a intérêt à utiliser la stratégie de la carotte, mais parfois le bâton doit s'imposer aussi», estime-t-il, évoquant les visas et les échanges commerciaux comme possibles leviers dans des tractations sur l'immigration.
«C'est facile pour Trump. Il est assis là, il fait un tweet»
L'UE est sous très forte pression d'Etats membres qui réclament «en urgence» des mesures pour améliorer la politique européenne en matière de retours: actuellement, moins de 20% des décisions d'expulsion sont suivies d'effet.
«Et il n'y a pas une discussion entre politiques qui se passe maintenant sans que Trump ne soit mentionné», sourit un autre participant à ce débat à Varsovie, consacré à la recherche de «solutions innovantes» à l'immigration clandestine.
Ce responsable européen reconnaît que la méthode du nouveau président américain est «extrêmement efficace».
«C'est facile pour Trump. Il est assis là, il fait un tweet», en guise de politique, lance-t-il, un brin admiratif.
«L'Europe, c'est l'Europe»
Mais la méthode est impossible à transposer sur le Vieux continent. «En Europe, les choses prennent plus de temps», affirme ce responsable, très impliqué dans les tractations sur la politique migratoire européenne.
D'autant que l'approche extrêmement ferme de Trump sur l'immigration n'est pas sans risque, notamment dans les économies européennes qui font abondamment appel à la main-d’œuvre étrangère.
Pressé sur la stratégie migratoire du président américain, le commissaire européen Magnus Brunner, appelle à ne «pas se focaliser sur chaque déclaration émanant des Etats-Unis».
«L'Europe, c'est l'Europe, et je pense que nous devons nous concentrer sur ce que nous avons à faire», déclare ce responsable autrichien, chargé de présenter une nouvelle vision européenne pour les expulsions de migrants clandestins, d'ici la fin du mois de mars.
«Nous avons notre propre copie à rendre», assure-t-il.
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